Vendredi 16 novembre 2007
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La baronne Kathleen Annie Pannonica de Koenigswarter (1914 – 1988),
descendante de la branche anglaise des Rothschild, adorait le jazz.
Après s’être radicalement libérée des nombreuses contraintes de son éducation
aristocratique et avoir fui les exigences conformistes de sa caste,
Nica de Koenigswarter a consacré sa vie au jazz et à ses musiciens.
Elle les a tous connus, à New York surtout, en 1951, dans sa suite à l’année
du luxueux hôtel Stanhope où ces musiciens désargentés savaient qu’ils
pouvaient y trouver un gîte et le couvert et même la mort comme
Charlie Parker ; mais aussi dans les clubs de Harlem et dans les premiers studios
d’enregistrement. La baronne s’est vouée à eux, les a soutenus, leur a par
la suite ouvert sa maison de Long Island, les a entourés d’une affection
et d’une attention sans faille.
Les musiciens reconnaissants lui dédièrent d’ailleurs une vingtaine
de morceaux : Pannonica (Thelonious Monk), Nica (Sonny Clark),
Blues for Nica (Kenny Drew), Thelonica (Tommy Flannagan)... Patronne et muse !
Et tout en s’occupant d’eux, Nica a photographié au Polaroid ces 300 musiciens
compositeurs qui faisaient le monde du Jazz dans les années cinquante et soixante ;
Charlie Parker, Thelonious Monk, Dizzie Gillespie, Count Basie, Louis Armstrong,
Lionel Hampton, Bud Powell, Sun Ra, Miles Davis et tant d’autres…
Et à chaque photo qu’elle prenait d’un de ces jazzmen, elle lui posait, espiègle,
cette question : « Si tu avais trois voeux et qu’ils puissent être immédiatement exaucés,
quels seraient-ils ? »
Miles Davis répondit : « être blanc » !
Charlie Mingus : « je n’ai aucun voeu à formuler...AUCUN...enfin, à réfléchir,
je ne refuserais pas un peu d’argent, un peu d’argent pour payer mes factures !
...mais c’est tout, c’est absolument tout...j’ai changé » !
Duke Ellington : « mes voeux sont simples !...je veux ce qu’il y a de mieux ... » !
Les trois voeux des musiciens de jazz est à la fois un album photo unique
de la grande famille du jazz et une fenêtre ouverte sur les détresses
et les espoirs de cet univers exprimés par les réponses des musiciens
à la question de la baronne.
Moi j'aime bien ces voeux de Julius Watkins:
1.Avoir trois belles nanas.
2. Et trois de plus !
3. Les mettre au boulot toutes les six !
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Par philippe charpentier
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Publié dans : LE JAZZ ET PLUS
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